L’Ennemi Intérieur
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L’Ennemi Intérieur
L’Ennemi Intérieur
SYNOPSIS
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Création 2018-2019 * Théâtre Contemporain * à partir de 15 ans

 « […] Je me demande s’il y a encore  la possibilité de se trouver un bout de terre oublié, pas habité, pas abîmé loin de tout, coin de paradis, ou si c’est l’espace qu’il faudrait viser. Une cabane sur la Lune, un truc comme ça. […] »

Max a 16 ans. Max est parti. Sans dire ciao. Combien de temps ? On ne sait pas. Où est-il ? on ne sait pas vraiment non plus. Jusqu’au jour où une vidéo est diffusée sur le Facebook du garçon. Dans cette vidéo, on voit Max exécuter « un type en orange ». Une cellule psychologique s’ouvre alors d’urgence au sein de l’établissement scolaire. Louise, enceinte, est appelée pour recueillir la parole des adolescents, notamment celle de George et Simon et de les faire parler, afin que « rien ne pourrisse ». Les deux adolescents – amis de Max – décident de kidnapper Selma, sa petite amie. Persuadés qu’elle est contaminée par « l’obscur » et « le sheitan », ils décident de la soigner pour ne pas qu’elle parte à son tour « au bord du monde » et garder l’unité de leur groupe.  Le tout est mené par Eddy, conjoint de Louise, la trentaine, surveillant de l’établissement scolaire, persuadé que l’action qu’il mène est une action juste, nécessaire, au nom de son pays, de sa patrie, de sa nation.  Mais lorsque l’émotion et notamment  la peur, prend le pas sur la raison, rien ne se passe comme prévu… Dans le noir, on prend le faux pour le vrai. On se bat pour chercher la lumière. On dérape. On fait «comme si ». On chasse l’obscur en levant nos propres bannières vers la liberté. On se bat « et demain il fera jour ». On se bat « et maintenant ? ».

Ce spectacle donne un autre point de vue, propose le miroir d’un aveuglement possible. Ici, le radical est celui qui défend sa terre, ses valeurs patriotiques, sa nation. Celui qui perd ses repères cherchant à tout prix un ennemi visible et caractéristique. Il pourrait être chacun d’entre nous. Dans cette fiction, on utilise ici les mêmes armes que son ennemi pour le combattre. Ainsi, les grands dogmes de liberté sont interprétés et travestis par la peur et la déraison. Une radicalité possible. Qui est notre ennemi ? Où se cache-t-il ? Si ce n’est en nous-mêmes.

Cette partition rythmique a tous les ingrédients du polar théâtral. Une écriture faite pour le plateau. Un scénario qui se déploie à l’oral. Le récit en huis-clos se construit en puzzle. Les dialogues vifs révèlent le relief subtil de ces cinq personnages. Figures d’une jeune génération, avec toute la luminosité et les bonnes intentions qui les animent, ils mettent en relief nos doutes et nos peurs face à l’extrémité de leurs actes. L’humour est toujours très présent pour contrecarrer la violence de situations rocambolesques voire absurdes.

La mise en scène se dessine à la lumière d’une ampoule, d’une télé dont on ne voit pas les images, de lampes torches… Des images semblent apparaître subtilement dans le paysage scénique épuré. Les comédiens manipulent la lumière au plateau et rythment le récit. Sur le plateau, cette histoire se raconte par l’intermédiaire d’une scénographie légère et autonome pour mieux venir à la rencontre d’un public jeune et permettre des représentations intimistes et puissantes. Quelques accessoires changent d’utilisation tout au long de l’histoire et se transforment : ils nous ramènent dans l’espace du théâtre et de l’imaginaire.  Dans la cour de récréation de notre adolescence : violente et impardonnable.

“Je voulais écrire sur ceux qui partent rejoindre l’Etat Islamique. Je me suis documentée, j’ai lu et relu, j’ai regardé des vidéos, j’ai tenté de les analyser, je me suis bourrée la tête de toutes ses images, discours, témoignages, j’ai essayé de comprendre et je ne sais pas si aujourd’hui j’ai compris quelque chose.  Je voulais écrire sur ceux qui partent et puis face à tous ces documents je me suis demandée qu’est-ce que je pouvais raconter de plus que ça, rédigés par des sociologues, anthropologues,

des repentis. J’ai lu Martyrs de Mayenburg, et je me suis dit : « bon, laisse tomber, il y en a un qui a était plus malin que toi. ». Et puis, il y a eu le discours de Manuel Valls, après les attentats du 13 novembre. Ce jour-là, le mot guerre a été lancé. J’ai cherché à comprendre ce que ça voulait dire être en guerre aujourd’hui.  

J’ai fantasmé sur ce mot-là, moi qui voulait vraiment faire l’armée quand j’étais adolescente, et puis j’ai vu que d’autres fantasment aussi sur l’idée de ce qu’est une guerre : on le sait, le nombre de candidats pour s’engager dans l’armée française a doublé, idem pour les concours de la Police Nationale, et les affiches pullulent le long des arrêts de bus. Je me suis souvenu aussi d’un gamin de 16 ans – rencontré lorsque je travaillais dans des centres de vacances. Le gamin en question avait déjà un long casier judiciaire, et le gamin disait « moi je fais le con parce que je ne connais pas la guerre. Mon grand-père lui l’a connu et c’est pour ça qu’il se tient droit. Moi je ne sais pas ce que c’est faire la guerre, il en faudrait peut-être une pour que j’arrête de me battre, ou que je me batte pour quelque chose ». J’ai donc décidé de partir du mot guerre pour écrire et de tout ce qui peut l’entourer : l’unité nationale, la patrie, la nation…”

Actuellement en création, ce projet peut faire l’objet d’ateliers d’écritures, de jeu de mise en voix en présence de l’auteure, du metteur en scène et de l’équipe du projet.

ILS NOUS ONT FAIT CONFIANCE
ÉQUIPE
  • MISE EN SCÈNE
    Fabien Hintenoch/
  • DRAMATURGIE
    Marilyn Mattei/
  • SCÉNOGRAPHIE & LUMIÈRES
    Cécile Schaufelberger/
  • CRÉATION SONORE
    Jade Grosset/
  • DESIGN ÉDITORIAL
    Julie Perrier/
  • ILLUSTRATIONS
    Samuel Pivo/
  • COMÉDIENS
    Virgile Coignard/ Pauline Estienne/ Annabelle Hanesse/ Jules Robin/ Alexis Tollombert/
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Pauline Estienne
Selma

Pauline Estienne est méditerranéenne. Comédienne cascadeuse, directrice d’acteurs, professeur anti-sociétal, pyrotechnicienne de feu, clown sensible, danseuse intérim… Cherche air pour allumer la flamme, se perdre en mer, s’ancrer sur cette terre.

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Virgile Coignard
Eddy
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Alexis Tollombert
George

Alexis Tollombert pense être un artiste complet. Il chante depuis qu’il a 15 jours, dévore les pièces de théâtres et fait de la musique à ses heures perdues. Alexis aime le soleil et la vie.

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Annabelle Hanesse
Louise

Annabelle Hanesse pense être drôle. Elle commence la mise en scène puis écrit des critiques en Avignon et articles dans la revue mouvement. Elle joue, du contemporain surtout. ! Elle danse et rap pour éviter la mélancolie et rêve de chanter sur scène en costume à paillettes sirène.

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Jules Robin
Simon

Jules sait compter, faire des roulades et se poser des questions. Quand il ne passe pas son temps à faire l’acteur, il frappe, gratte ou frotte de multiples instruments de musique. Il aime beaucoup chanter « Vanina » de Dave, et ce particulièrement sous la douche.

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Cécile Schaufelberger

Cécile Schaufelberger pense l’espace et la lumière comme un ensemble. Elle aime faire et défaire la matière et n’aime pas rester sans rien faire. Elle vit à Marseille et bouge régulièrement pour travailler ou profiter de la vie.