L’Ennemi Intérieur
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L’Ennemi Intérieur
L’Ennemi Intérieur
L’Ennemi Intérieur
SYNOPSIS
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Création 2017-2020 | Théâtre Contemporain | Durée : 1h30 | à partir de 14 ans

 « […] Je me demande s’il y a encore  la possibilité de se trouver un bout de terre oublié, pas habité, pas abîmé loin de tout, coin de paradis, ou si c’est l’espace qu’il faudrait viser. Une cabane sur la Lune, un truc comme ça. […] »

Max a 16 ans. Max est parti. Sans dire ciao. Combien de temps ? On ne sait pas. Où est-il ? on ne sait pas vraiment non plus. Jusqu’au jour où une vidéo est diffusée sur le Facebook du garçon. Dans cette vidéo, on voit Max exécuter « un type en orange ». Une cellule psychologique s’ouvre alors d’urgence au sein de l’établissement scolaire. Louise, enceinte, est appelée pour recueillir la parole des adolescents, notamment celle de George et Simon et de les faire parler, afin que « rien ne pourrisse ». Les deux adolescents – amis de Max – décident de kidnapper Selma, sa petite amie. Persuadés qu’elle est contaminée par « l’obscur » et « le sheitan », ils décident de la soigner pour ne pas qu’elle parte à son tour « au bord du monde » et garder l’unité de leur groupe.  Le tout est mené par Eddy, conjoint de Louise, la trentaine, surveillant de l’établissement scolaire, persuadé que l’action qu’il mène est une action juste, nécessaire, au nom de son pays, de sa patrie, de sa nation.  Mais lorsque l’émotion et notamment  la peur, prend le pas sur la raison, rien ne se passe comme prévu… Dans le noir, on prend le faux pour le vrai. On se bat pour chercher la lumière. On dérape. On fait «comme si ». On chasse l’obscur en levant nos propres bannières vers la liberté. On se bat « et demain il fera jour ». On se bat « et maintenant ? ».

Ce spectacle donne un autre point de vue, propose le miroir d’un aveuglement possible. Ici, le radical est celui qui défend sa terre, ses valeurs patriotiques, sa nation. Celui qui perd ses repères cherchant à tout prix un ennemi visible et caractéristique. Il pourrait être chacun d’entre nous. Dans cette fiction, on utilise ici les mêmes armes que son ennemi pour le combattre. Ainsi, les grands dogmes de liberté sont interprétés et travestis par la peur et la déraison. Une radicalité possible. Qui est notre ennemi ? Où se cache-t-il ? Si ce n’est en nous-mêmes.

Cette partition rythmique a tous les ingrédients du polar théâtral. Une écriture faite pour le plateau. Un scénario qui se déploie à l’oral. Le récit en huis-clos se construit en puzzle. Les dialogues vifs révèlent le relief subtil de ces cinq personnages. Figures d’une jeune génération, avec toute la luminosité et les bonnes intentions qui les animent, ils mettent en relief nos doutes et nos peurs face à l’extrémité de leurs actes. L’humour est toujours très présent pour contrecarrer la violence de situations rocambolesques voire absurdes.

La mise en scène se dessine à la lumière d’une ampoule, d’une télé dont on ne voit pas les images, de lampes torches… Des images semblent apparaître subtilement dans le paysage scénique épuré. Les comédiens manipulent la lumière au plateau et rythment le récit. Sur le plateau, cette histoire se raconte par l’intermédiaire d’une scénographie légère et autonome pour mieux venir à la rencontre d’un public jeune et permettre des représentations intimistes et puissantes. Quelques accessoires changent d’utilisation tout au long de l’histoire et se transforment : ils nous ramènent dans l’espace du théâtre et de l’imaginaire.  Dans la cour de récréation de notre adolescence : violente et impardonnable.

Marilyn Mattei est née à Gap en 1985. Elle entre à l’ENSATT en écriture dramatique en 2013. Elle écrit beaucoup sur l’adolescence. Elle questionne les seuils et travail une langue théâtrale rythmique proche du scénario théâtral.  Voici son regard sur le texte :

“Je voulais écrire sur ceux qui partent rejoindre l’Etat Islamique. Je me suis documentée […] j’ai regardé des vidéos, j’ai tenté de les analyser, je me suis bourrée la tête de toutes ses images […] et je ne sais pas si aujourd’hui j’ai compris quelque chose. Je voulais écrire sur ceux qui partent et puis face à tous ces documents […] rédigés par des sociologues, anthropologues, des repentis. J’ai lu Martyrs de Mayenburg, […]. Et puis, il y a eu le discours de Manuel Valls, après les attentats du 13 Novembre 2015. Ce jour-là, le mot guerre a été lancé. J’ai cherché à comprendre ce que ça voulait dire être en guerre aujourd’hui. J’ai fantasmé sur ce mot-là, moi qui voulait vraiment faire l’armée quand j’étais adolescente, et puis j’ai vu que d’autres fantasment aussi sur l’idée de ce qu’est une guerre […]. Je me suis souvenu aussi d’un gamin de 16 ans – rencontré lorsque je travaillais dans des centres de vacances. Le gamin en question avait déjà un long casier judiciaire, et il disait « Moi je fais le con parce que je ne connais pas la guerre. Mon grand-père lui l’a connu et c’est pour ça qu’il se tient droit. Moi je ne sais pas ce que c’est faire la guerre, il en faudrait peut-être une pour que j’arrête de me battre, ou que je me batte pour quelque chose ».”

L’Ennemi Intérieur est un projet qui met en lien artistes, jeunesse, corps enseignants et lieux culturels. La pièce permet de questionner les enjeux de toutes formes de radicalités. Il participe à lutter contre le radicalisme et la discrimination. 

Avant la représentation, des ateliers d’écriture et des débats autour du texte permettent de s’emparer du récit et de ses enjeux. Il est possible de rencontrer l’auteure et le metteur en scène de la pièce.  Des échanges peuvent être envisagées afin de mieux saisir le texte et les parti-pris. La jeunesse compose également de petits dialogues et questionne le thème des radicalités à travers des jeux d’écriture. A vec des jeux du socle de base théâtral, nous pouvons également plonger les jeunes dans les différentes situations de la pièce afin de mieux en saisir les subtilités.  

Après la représentation, les comédiens et les spectateurs peuvent échanger au bord de scène. Ces échanges peuvent faire l’objet d’interviews filmés ou enregistrés dans le cadre d’un projet. L’équipe nous raconte leurs parcours et les enjeux des rôles de chacun dans la pièce et le travail scénique. On découvre la réalité des  métiers du spectacle et toutes ses facettes. Pour aller plus loin, les jeunes peuvent être amené à rejouer certaines scènes de la pièce avec leur propres mots : entre improvisation et travail de l’imaginaire, le théâtre permet d’aider à la mise en mot et permettre le décloisonnement de la parole et de la pensée.  

ILS NOUS ONT FAIT CONFIANCE
ÉQUIPE
  • MISE EN SCÈNE
    Fabien Hintenoch/
  • DRAMATURGIE
    Marilyn Mattei/
  • SCÉNOGRAPHIE & LUMIÈRES
    Cécile Schaufelberger/
  • CRÉATION SONORE
    Jade Set/
  • ILLUSTRATIONS
    Samuel Pivo/
  • DESIGN ÉDITORIAL
    Julie Perrier/
  • PHOTOGRAPHIES
    Julien Botzanowski/ Roxane Samperiz/
  • COMÉDIENS
    Virgile Coignard/ Pauline Estienne/ Annabelle Hanesse/ Jules Robin/ Alexis Tollombert/